A propos de la création d'une coopérative.

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A propos de la création d'une coopérative.

Message par Mohammed Hifad le Dim 1 Nov - 22:14

mercredi 28 décembre 2011

A propos de la création d'une coopérative.


Tracasseries administratives pour la création d’une coopérative d’usufruitiers d’arganeraie


samedi 14 novembre 2009
Tracasseries administratives pour la création d’une coopérative d’usufruitiers d’arganeraie

Par Mohamed Hifad, 14/11/2009

Le 23/10/2009, nous, 67 habitants, y compris moi-même de douar Foulouste , commune de Sidi Kaouki , Province d'Essaouira , avons envoyé une demande avec l'intention de créer une coopérative des usufruitiers des arganiers.

Rejet de la demande


Lettre au délégué de l'Office régional du Développement des Coopératives agricoles à Marrakech.

Je ne sais comment faire face à notre situation. J’ai reçu hier la réponse mitigée du délégué de l’office du développement des coopératives agricoles de Marrakech qui rejette notre demande sous prétexte que la majorité des membres proposés n’exercent pas le métier d’agriculteurs. Voilà une manière de détourner le problème à cause de l’inadéquation des lois avec la réalité sociale des habitants.C’est vrai qu’ils ont sur leurs cartes, pour la majorité, des métiers de pêcheurs, de maçons, de fonctionnaires etc. mais ils continuent tous sans exception à labourer eux-mêmes leurs petites parcelles de terre et à cueillir les noix de leurs arganiers ou bien à payer ceux qui le font à leur place durant de toute l’année selon les activités nécessaires des saisons. C’est ce que je fais personnellement en tant qu’enseignant depuis la mort de mon père en 1982 et la réception de ma part d’héritage. Y-t-il une loi au Maroc qui interdit à un fonctionnaire d’hériter un bien de ses parents ou d’exercer un autre métier que celui de fellah qui ne rapporte plus rien et ne peut plus faire vivre à lui seul une personne sans parler de toute une famille nombreuse ? C’est en exerçant ces métiers parallèles qu’ils arrivent à subsister à la campagne. Il n’y a aucune loi au monde qui empêche les gens d’exercer d’autres activités pour un supplément de revenu surtout pour des gens qui vivent presque en autarcie depuis des siècles. Monsieur le délégué aurait pu demander l’avis des autorités locales qui ont les moyens de vérifier si ces gens exercent bien des activités agricoles .Il faut adapter soit la carte nationale et permettre aux citoyens de spécifier un ou plusieurs métiers qu’ils exercent , tour à tour , durant l’année ou bien revoir ces lois qui réglementent la création des coopératives agricoles. Sur les 67 membres que j’ai inscrits jusqu’à présent , il y a seulement trois personnes qui ont pour métier , indiqué sur leurs cartes d’identité , celui de fellah puisque leur âge avancé ne leur permet plus d’exercer d’autres activités en dehors du douar. Si le paysan exerçait le seul métier de cultivateur, de fellah, il serait mort il y a bien longtemps et notre campagne n’existerait plus. Monsieur le délégué sait très bien que nous voulons créer une coopérative agricole pour les usufruitiers des arganiers pour faire face aux spéculateurs étrangers et nationaux qui nous exploitent en imposant les prix de notre matière première , nos noix d’arganiers , sur le marché et en créant des coopératives dites de femmes pour prendre les gens par les sentiments et s’enrichir sur le dos de milliers de paysans grâce à qui cette forêt subsiste encore de nos jours.
La France a exproprié nos parents en leur imposant par la force des armes le domaine forestier alors que nos agdals étaient des domaines privés, des terres cultivées, clôturées et des vergers d’arganiers travaillés, soigneusement protégés et taillés de façon à faciliter la cueillette des fruits. Chaque habitant ou originaire du douar connaît parfaitement ses arbres, c’est mon cas depuis que j’ai reçu ma part d’héritage. Aujourd’hui, après cinquante trois ans d’indépendance, nos propres concitoyens sont en train de nous exproprier d’une manière indirecte par des lois inadaptées ou faites exprès pour nous spolier du dernier droit qui nous reste sur nos usufruits. Comment faire face à un subalterne qui n’a droit à aucune initiative et qui applique aveuglément ces lois complètement dépassées par la réalité sociale et le quotidien des citoyens ?

Je fais appel à toutes les consciences vives de cette région, aux élus locaux, aux parlementaires , aux autorités locales , aux médias , aux organismes des droits humains , à tout habitant propriétaire d’un agdal d’Essaouira jusqu’à Taroudant et Bizakaren , à toute personne éprise de justice, pour faire face à cette déplorable situation !
Publié par Basta! à l'adresse 15:29
Libellés : arganiers, tracasseries administratives
2 commentaires:
Philippus a dit…
Bonjour
cet homme à raison, le marché de l'argan est maintenant entouré non seulement par des ambitions économiques venant des autres pays, mais aussi par cette recrudescence de coopératives locales qui ont pignons sur route pour en plus abuser des touristes et des petites femmes berbères. 0 voir le prix du litre de cette huile multipliée par 4 ou 10 chez certains revendeur au maroc, et atteignant jusqu'a 300 euros en france ces familles berbères ne voent pas vraiment un retour personnel il me semble...sauf par quelques projets sérieux et plus humains que commerciaux.

Mr Delesalle. Français sur Agadir.

15 novembre 2009 14:04
Mohammed Hifad a dit…
Mr Delesalle

Je vous remercie pour ce geste de solidarité et ce témoignage objectif .Pour la création de cette coopérative des usufruitiers des arganiers , hommes (41)et femmes(26),tous propriétaires d'un agdal ou plusieurs hérités de leurs parents et ancêtres , des vergers d'arganiers soigneusement taillées pour permettre de ramasser facilement les noix tombées en dessous .J'ai mis des mains et des pieds pour convaincre les paysans qui n'oseraient jamais signer une demande pour quelqu'un d'autre par crainte de perdre leurs arganiers.Je leur avais aexpliqué que le seul moyen de contrôler notre matière première du reboisement jusqu'au produit fini et sa commercialisation , c'est d'avoir notre propre coopérative dont les objectifs sont les suivants:
1/Principal objectif: la sauvegarde et le développement de l'arganeraie .
2/Toutes les activités relatives au reboisement.
3/Toutes les activités relatives à la cueillette .
4/Toutes les activités relatives à la production de l'huile d'argan et ses dérivés .
5/Commercialisation des produits finis.

Quelle est la différence entre notre projet et les coopératives dites de femmes existantes et dont profite une horde de spéculateurs sans scrupules ?
Nous envisageons d'acheter les produits au prix du marché en plus de notre récolte en cas de besoin et de payer ceux ou celles qui travailleront avec nous également au prix du marché. La différence , c'est que nos membres et ceux ou celles qui travailleront avec nous auront droit à leur part des bénéfices.Par exemple si nous achetons l'équivalent d'un litre d'huile d'argan pour la cuisine , deux kilogrammes d'amandes , au prix maximum dernièrement de 200 dh , lorsque nous revendrons ce litre à un prix entre 550 et 600 dh par réference aux prix des unités de production sur place à Essaouira et région , cela fera une valeur ajoutée entre 350 et 400 dh et sans les frais 250 à 300 dh.. Disons que sur les 300 dh nous pouvons toujours laisser 150 dh pour le développement de la coopérative et le reste le partager entre les membres propriétaires , les locataires des agdals par procuration et ceux ou celles qui travailleront avec nous , le tout selon notre réglement intérieur.Nous envisageons de faire un contrat avec un medecin pour qu'il vienne ne serait-ce qu'une fois par trimestre donner des consultations , à la charge de la coopérative , pour les membres et tous les habitants du douar qui en ont besoin, un autre contrat avec un avocat pour défendre les droits de la coopérative et de ses membres.Nous comptons payer des gardiens pendant les deux mois que dure effectivement l'agdal , l'interdiction de paturage tant que les gens n'ont pas ramassé leurs noix.Nous envisageons de payer des cours de rattrapage pour les enfants du village et donner des cours d'alphabetisation fonctionnelle pour les adultes hommes et femmes.Nous envisageons également avoir notre propre site commercial et participer à toute manifestation nationale et internationale sur les produits agro-alimentaires , la protection de l'environnement et tout ce qui est relatif au développement durable .Nous envisageons des activités touristiques autour de l'arganier , , des recettes de cuisine à base d'huile d'argan et faire participer les touristes aux activités de la cueillette , du reboisement ou autres.
Et puis , quelque part , un monsieur bien installé dans son fauteuil ignorant tout de notre réalité , rejette froidement notre demande car la majorité des membres n'ont pas sur leurs cartes d'identités la fonction de fellah brisant ainsi le rêve de la population de tout un douar C'est digne du théâthre de la dérision
Réponse à l'article "l'arg'arnaque.." sur le blog des Etrangers Résidants au Maroc (ERM)


De prime abord , je salue l'objectivité et le courage de l'auteur de cet article. Je le remercie pour son sens de solidarité , de justice et d'équité en donnant le lien vers mon article sur le site solidarité Maroc.
Au début du protectorat au Maroc,les français ont instauré le domaine forestier ,ce qu'ils n'ont pas fait en France.Ils ont exproprié de leurs vergers d'arganiers , nos parents analphabètes et impuissants face à leurs armes .Nos agdals, vergers d'arganiers soigneusement taillés, espacés ,labourés , entretenus , clôturés et bien gardés ,sont des propriétés privées .Le mot agdal signifie en amazigh(berbère) le clôturé , le privé.La forêt sans propriétaire et proprement publique existe et reste à l'état sauvage et à la disposition de tous.Pour prendre l'exemple de ma région de Haha et Chiadma, au nord et au sud d'Essaouira (ex-Mogador) et au sud ouest du Maroc , seuls les agdals appartenant à des Chérifs Regraguis au nord , aux Caids et au Chioukh, auxiliaires du Makhzen, sont épargnés par cette expropriation et pour des raisons évidentes.Les français prétendaient sauver l'arganeraie de la destruction de la part de la population alors qu'en réalité , ils ont organisé aussitôt des coupes pour envoyer du charbon et du bois d'arganiers , qualifié de bois de fer , en France pour leurs usines, leurs trains , et le chauffage de leurs écoles et de leurs foyers.Les enfants de cette région demanderont un jour ou l'autre des comptes à la France pour avoir détruit leur forêt d'arganiers .La destruction a été multiplié par dix par les Caids collaborateurs par excés de zele.Pourtant , les gens continuent toujours à ramasser les noix de leurs arganiers qu'ils héritent de père en fils et vont jusqu'à donner des noms à leurs arganiers: ""lalla targante "", l'arbre c'est au féminin en langue amazighe, c'est un arbre sacré ,"talmnounte" par comparaison entre la forme du melon et celle des noix de l'arbre en question etc.Après cinquante et quatre ans d'indépendance , nos concitoyens ferment les yeux sur cette déplorable situation.Ils savent très bien que les gens de Abda, de Doukkala, de la plaine du Gharb possèdent des milliers d'hactares et personne ne leur a jamais enlevé quoi que ce soit du temps du protectorat.Pour nous qui avons de ridicules parcelles de terre que nous n'avions même pas l'habitude de labourer étant des pasteurs et ayant de grands agdals pour nos troupeaux , nous nous trouvons complétement démunis et réduits à l'exode forcé et programmé encore de nos jours .On prend le client , essentiellement européen ,par les sentiments en lui montrant des femmes analphabètes qui ne comprennent pas un seul mot en arabe ou en français avec la complicité de l'Etat marocain qui commande des études qui montrent que le travail de la production de l'huile d'argan est eseentiellement féminin en vue de plaire aux bayeurs de fonds qui aident ces structures dites féminines et qui visent dit-on l'épanouisement de la femme et son intégration dans le monde du travail et de la politique.Hypocrisie de part et d'autre.Mon père travaille jusqu'à une heure tardive de la nuit à enlever la pulpe des noix et préparer les noyaux pour ma mère et mes soeurs pour qu'elles les concasent et parfois , s'il a le temps , il les aide aussi à concasser ces noix.Tous les hommes savent travailler la pâte pour dégager de l'huile au cas où leurs femmes seraient décédées , absentes ou s'ils sont veufs ou célibataires .Si la femme s'occupe de l'huile , il ne s'agit que d'une répartition des tâches entre l'homme et la femme.Les gens font un amalgame entre la famille arabe de souche où la femme est peu libre et la famille amazighe où la femme est libre car notre culture africaine n'a pas encore dépassé l'ére matriarcale : dans nos contes c'est encore la femme qui est intelligente et puissante et c'est elle qui commande encore de nos jours.Le modèle arabe d'importation mis en relief exagérement et à dessein vise à imposer des coopératives dites de femmes.En presentant ma demande pour la création d'une coopérative mixte de propriétaires d'agdals d'arganiers dans mon village dernièrement (cf le lien ci-dessus) , je suis surpris par l'absurditié de la reponse d'un haut responsable: demande rejetée sous pretexte que la majorité d'entre nous n'ont pas sur leurs cartes d'identité le métier de fellah , ce qui est exigé pour la création d'une coopérative agricole.Mais notre situation , la première en son genre au Maroc , pose le problème des vrais propriétaires de la matière première , ce qui ne peut être vu d'un bon oeil par tous ces spéculateurs de tout bord de par le pays et le monde y compris l'Etat partagé entre le fait de profiter du fait accompli et l'hésitation à nous rendre nos terres spoliées , ce qui sera revendiqué tôt ou tard par des millions de gens et toute une région d'Essaouira jusqu'à Taroudant et Biyzakarne.La lutte ne fait que commencer et la loi du fait accompli n'a pas de raison d'être de nos jours!Bonne continuation!
Réponse à l'article "l'arg'arnaque.." sur le blog des Etrangers Résidants au Maroc (ERM)


De prime abord , je salue l'objectivité et le courage de l'auteur de cet article. Je le remercie pour son sens de solidarité , de justice et d'équité en donnant le lien vers mon article sur le site solidarité Maroc.
Au début du protectorat au Maroc,les français ont instauré le domaine forestier ,ce qu'ils n'ont pas fait en France.Ils ont exproprié de leurs vergers d'arganiers , nos parents analphabètes et impuissants face à leurs armes .Nos agdals, vergers d'arganiers soigneusement taillés, espacés ,labourés , entretenus , clôturés et bien gardés ,sont des propriétés privées .Le mot agdal signifie en amazigh(berbère) le clôturé , le privé.La forêt sans propriétaire et proprement publique existe et reste à l'état sauvage et à la disposition de tous.Pour prendre l'exemple de ma région de Haha et Chiadma, au nord et au sud d'Essaouira (ex-Mogador) et au sud ouest du Maroc , seuls les agdals appartenant à des Chérifs Regraguis au nord , aux Caids et au Chioukh, auxiliaires du Makhzen, sont épargnés par cette expropriation et pour des raisons évidentes.Les français prétendaient sauver l'arganeraie de la destruction de la part de la population alors qu'en réalité , ils ont organisé aussitôt des coupes pour envoyer du charbon et du bois d'arganiers , qualifié de bois de fer , en France pour leurs usines, leurs trains , et le chauffage de leurs écoles et de leurs foyers.Les enfants de cette région demanderont un jour ou l'autre des comptes à la France pour avoir détruit leur forêt d'arganiers .La destruction a été multiplié par dix par les Caids collaborateurs par excés de zele.Pourtant , les gens continuent toujours à ramasser les noix de leurs arganiers qu'ils héritent de père en fils et vont jusqu'à donner des noms à leurs arganiers: ""lalla targante "", l'arbre c'est au féminin en langue amazighe, c'est un arbre sacré ,"talmnounte" par comparaison entre la forme du melon et celle des noix de l'arbre en question etc.Après cinquante et quatre ans d'indépendance , nos concitoyens ferment les yeux sur cette déplorable situation.Ils savent très bien que les gens de Abda, de Doukkala, de la plaine du Gharb possèdent des milliers d'hactares et personne ne leur a jamais enlevé quoi que ce soit du temps du protectorat.Pour nous qui avons de ridicules parcelles de terre que nous n'avions même pas l'habitude de labourer étant des pasteurs et ayant de grands agdals pour nos troupeaux , nous nous trouvons complétement démunis et réduits à l'exode forcé et programmé encore de nos jours .On prend le client , essentiellement européen ,par les sentiments en lui montrant des femmes analphabètes qui ne comprennent pas un seul mot en arabe ou en français avec la complicité de l'Etat marocain qui commande des études qui montrent que le travail de la production de l'huile d'argan est eseentiellement féminin en vue de plaire aux bayeurs de fonds qui aident ces structures dites féminines et qui visent dit-on l'épanouisement de la femme et son intégration dans le monde du travail et de la politique.Hypocrisie de part et d'autre.Mon père travaille jusqu'à une heure tardive de la nuit à enlever la pulpe des noix et préparer les noyaux pour ma mère et mes soeurs pour qu'elles les concasent et parfois , s'il a le temps , il les aide aussi à concasser ces noix.Tous les hommes savent travailler la pâte pour dégager de l'huile au cas où leurs femmes seraient décédées , absentes ou s'ils sont veufs ou célibataires .Si la femme s'occupe de l'huile , il ne s'agit que d'une répartition des tâches entre l'homme et la femme.Les gens font un amalgame entre la famille arabe de souche où la femme est peu libre et la famille amazighe où la femme est libre car notre culture africaine n'a pas encore dépassé l'ére matriarcale : dans nos contes c'est encore la femme qui est intelligente et puissante et c'est elle qui commande encore de nos jours.Le modèle arabe d'importation mis en relief exagérement et à dessein vise à imposer des coopératives dites de femmes.En presentant ma demande pour la création d'une coopérative mixte de propriétaires d'agdals d'arganiers dans mon village dernièrement (cf le lien ci-dessus) , je suis surpris par l'absurditié de la reponse d'un haut responsable: demande rejetée sous pretexte que la majorité d'entre nous n'ont pas sur leurs cartes d'identité le métier de fellah , ce qui est exigé pour la création d'une coopérative agricole.Mais notre situation , la première en son genre au Maroc , pose le problème des vrais propriétaires de la matière première , ce qui ne peut être vu d'un bon oeil par tous ces spéculateurs de tout bord de par le pays et le monde y compris l'Etat partagé entre le fait de profiter du fait accompli et l'hésitation à nous rendre nos terres spoliées , ce qui sera revendiqué tôt ou tard par des millions de gens et toute une région d'Essaouira jusqu'à Taroudant et Biyzakarne.La lutte ne fait que commencer et la loi du fait accompli n'a pas de raison d'être de nos jours!Bonne continuation!

Lettre ouverte à Mohamed VI



http://4.bp.blogspot.com/_uZTNVdbG1YE/SzmwdqGu4FI/AAAAAAAAFx4/M4qeDvMNdp8/s320/med.jHifad.jpgPar Mohamed Hifad,23/11/2009


Louange à Dieu.

Majesté

Avec
votre permission, je suis un enseignant ayant servi mon Roi et ma
patrie pendant trente et deux années et je continue le même combat dans
mon propre village natal, Douar Foulouste, Commune de Sidi Kaouki,
Province d’Essaouira, avec le même sérieux, le même dévouement, la même
honnêteté et le même sens de l’équité.

Majesté


De
prime abord, je saisis cette heureuse opportunité pour vous présenter
mes meilleurs vœux à l’occasion du cinquante-quatrième anniversaire de
l’indépendance du Maroc.


Majesté



Comme vous le savez, les français ont instauré le domaine
forestier au Maroc , ce qu’ils n’ont pas fait dans leur propre pays ,
et ont ainsi exproprié nos parents de leurs vergers d’arganiers ,
hérités de leurs ancêtres , soigneusement taillés , espacés ,
entretenus et bien gardés. Ils étaient clôturés et labourés et les
vestiges des fondations des murs et des douars abandonnés, sont encore
visibles de nos jours. Les français avaient fait d’une pierre deux
coups : nous punir pour leur avoir résisté et organiser des coupes en
leur faveur : le bois de l’arganier, qualifié de bois de fer, était de
bonne qualité pour leurs trains, leurs usines et le chauffage de leurs
écoles et de leurs foyers au détriment des habitants qu’ils avaient
condamnés à l’exode à l’émigration et à l’exil.

http://3.bp.blogspot.com/_uZTNVdbG1YE/SzmwCquFGlI/AAAAAAAAFxg/EXmfmI6P_jI/s320/chevres-dans-un-arganier-a-cote-d-essaouira.JPGMajesté


Après
cinquante quatre années d’indépendance, nous n’avons pas encore droit à
nos agdals alors que chacun d’entre nous connaît ses arganiers auxquels
il va donner jusqu’à des noms ainsi que ses parcelles qu’il a hérités,
de père en fils, de ses ancêtres. En voulant créer une coopérative
agricole , grâce aux encouragements d’un ingénieur chercheur de votre
Majesté au Ministère de l’Agriculture et de passage au village, pour
qu’on puisse bénéficier de l’aide technique de l’Etat et financière des
bayeurs de fonds à l’instar des coopératives de femmes , notre demande
a été d’une certaine manière rejetée par le délégué régional de
l’Office du Développement des Coopératives à Marrakech sous prétexte
que la quasi majorité des inscrits, jusqu’à présent soixante et sept ,
quarante et un hommes et vingt et six femmes , tous des propriétaires
d’agdals ou usufruitiers de l’arganeraie , n’ont pas sur leurs cartes
d’identité le métier de fellah comme le stipule l’article 16 de la loi
83/24 portant sur la création d’une coopérative agricole .Il me demande
de rectifier et de lui renvoyer la demande en trois exemplaires, ce qui
est impossible et une manière subtile de rejeter notre demande .Sur les
soixante et sept inscrits à ce jour, effectivement, il y en a trois
seulement qui ont sur leurs cartes le métier de fellah car ils ne
peuvent plus travailler hors du village à cause de leur âge avancé.
Mais tous et toutes continuent à labourer leurs parcelles de terre et à
cueillir les noix de leurs arganiers ou de payer d’autres pour qu’ils
le fassent à leur place .C’est ce que j’ai toujours fait depuis la mort
de mon père en mille neuf cent quatre vingt et deux et à la réception
de ma part d’héritage. Monsieur le délégué aurait pu demander aux
autorités locales ou aux services des eaux et forêts de vérifier si
nous sommes vraiment les propriétaires des agdals ou les usufruitiers
de l’arganeraie. Ou bien il faudra changer les lois qui organisent les
coopératives ou permettre aux citoyens d’avoir sur leurs cartes
d’identités tous les métiers qu’ils exercent durant l’année, selon les
saisons .Ce qui est au dessus de lui et de nous-mêmes simultanément.
Mais il n’y a, à ma connaissance, aucune loi au Maroc qui interdit à un
fonctionnaire, un pêcheur, un maçon , un ouvrier , un banquier, une
femme au foyer , pour ne citer que les métiers de ceux qui sont
inscrits à ce jour , d’hériter d’un bien agricole de ses parents
fellahs et de sauvegarder la même activité pour le bien de tout le
monde. Nous voulons contrôler notre produit du reboisement jusqu’au
produit fini et sa commercialisation pour une bonne traçabilité. La
différence entre nous et les coopératives dites de femmes et derrière
lesquelles il y a toujours un ou deux spéculateurs non déclarés , c’est
que nous pouvons acheter un supplément de matière brute ou des amandes,
aux membres et aux particuliers, au prix du marché et payer ceux ou
celles qui travaillent avec nous également de la même manière , mais
une fois l’huile et ses dérivés vendus, les bénéfices seront partagés à
égalité entre les membres et ceux ou celles qui travaillent avec nous
et nous sommes prêts à payer nos impôts si nous dépassons le chiffre
d’affaire d’un million de dirhams , à ma connaissance , tel que le
stipule la loi. C’est ainsi que la valeur ajoutée restera sur place et
bénéficiera au Douar. Nous comptons établir un contrat avec un médecin
pour qu’il vienne au moins une fois par trimestre pour donner des
consultations aux habitants du douar et au frais de la coopérative et
un autre avec un avocat pour qu’il défende les droits de la coopérative
et de ses membres .Nous voulons payer des gardiens au moins au moment
de l’agdal proprement dit qui dure deux à trois mois en été, sinon
toute l’année si c’est possible. Nous souhaitons faire participer des
touristes à nos diverses activités pour un supplément de revenu pour
les paysans. Nous espérons prendre en charge des cours de rattrapages
pour les enfants du village et des cours d’ alphabétisation
fonctionnelle pour les adultes .Notre objectif principal est la
conservation de l’arganeraie puis toutes les activités liées au
reboisement, celles relatives à la cueillette et aux agdals proprement
dits, celles qui se rapportent à la production de l’huile d’argan et de
ses dérivés et enfin celles qui concernent la commercialisation des
produits finis.

http://1.bp.blogspot.com/_uZTNVdbG1YE/SzmwWClVOGI/AAAAAAAAFxw/-U9oKyXxAGY/s320/arganeraie++grand.jpgMajesté


Veuillez
bien vouloir croire à mon indéfectible attachement au Trône Alaouite et
agréer l’expression de ma très haute et respectueuse considération.

Foulouste, le lundi 23 novembre 2009

Votre dévoué sujet :

Mohammed Hifad (Enseignant retraité.)

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